Maud Fontenoy :

Le Cap Leeuwin en ligne de mire


Publié / Actualisé
Cap sur l'Australie pour Maud Fontenoy. La navigatrice et son bateau, l'Oréal Paris, ont croisé

la Nouvelle Zélande au du week-end du 13 au 14 janvier 2007. Passage symbolique mais compliqué. Maud

Fontenoy doit affronter des dépressions qui ne lui laissent aucun répit et cela depuis le Cap

Horn.
Cap sur l'Australie pour Maud Fontenoy. La navigatrice et son bateau, l'Oréal Paris, ont croisé

la Nouvelle Zélande au du week-end du 13 au 14 janvier 2007. Passage symbolique mais compliqué. Maud

Fontenoy doit affronter des dépressions qui ne lui laissent aucun répit et cela depuis le Cap

Horn.
" J'ai eu une grosse tempête ces derniers jours, 60 N?ud de vent. En plus avec les hauts fonds, je n'ai pas pu aller vers le Nord lorsque j'ai passé la Nouvelle Zélande. Résultat, en allant vers le sud, je me rapprochais de la dépression et des vents violents. Ca a engendré
pas mal de soucis sur le bateau, notamment au niveau des chariots de ma grand-voile, les pièces qui relient la voile au mât. Ils ont été brisés sous la violence des chocs" a raconté la
navigatrice ce jeudi matin 18 janvier lors de la 14è vacation radio de son Défi à Courant.

Dans les semaines qui viennent, Maud Fontenoy croisera sur sa route la flotte de la Velux 5 Océans, tour du monde à la voile en solitaire avec escales. Les marins de cette course sont partis de Fremantle en Australie, direction Norfolk sur la côte est des Etats-Unis avec le Cap Horn à franchir. Une flotte emmenée par Bernard Stamm, le skipper de Cheminées Poujoulat,
qui évolue au sud de l'Australie et qui était ravi ce jeudi matin d'échanger ses impressions avec Maud Fontenoy, en direct par téléphone. " Moi je tourne dans le bon sens, j'admire les gens
qui le font à l'envers. Nous avons une super météo avec 35 N?uds de vent au portant. Mais Cela veut dire que pour Maud qui prend les vents de face elle est beaucoup moins
clémente. ", explique Bernard Stamm. " Oui mais j'ai choisi, j'ai signé à Contre Courants. Fallait pas signer le contrat avant de partir ! ", répond Maud avec le sourire. " Je m'accroche mais j'ai vraiment hâte de remonter vers des mers avec moins de dépressions. " Quand tu passeras le Cap Leeuwin ça va te changer la vie Maud. Tu vas te retrouver avec un
anticyclone, ce sera le bonheur ! ", la rassure le marin suisse.

Dialogue étonnant entre deux marins aux options différentes mais complémentaires : l'un engagé dans une course contre le chrono et les concurrents, Bernard Stamm ; l'autre qui s'est lancé un tout autre défi, sans
record à la clé, Maud Fontenoy. " Moi j'ai choisi de vivre autre chose, explique Maud. Cel me permet de me consacrer à mon projet avec les enfants où au travail avec la Fondation Nicolas Hulot sinon je serais plus axée sur le fait de gagner du temps sur le concurrent qui est derrière moi. " " De mon côté c'est l'inverse. J'ai fait beaucoup de projet hors compétition
avant. À présent le but premier c'est la course et d'essayer de gagner. Celle-ci se déroule plutôt pas mal ! Ca se prépare très différemment que le projet de Maud ", répond Bernard Stamm qui se fait météorologue pour Maud Fontenoy, lui qui traverse les zones qu'elle fréquentera dans les semaines à venir.
Au programme, d'après lui, soleil et vent soutenu mais moins fort que ce que Maud a connu jusqu'à présent. " Ca fait plaisir d'avoir une boule de
cristal pour savoir ce qui va se passer ! ", note Maud.

Les prévisions annoncent donc des jours plus cléments pour le skipper de L'Oréal Paris qui raconte ce temps qui passe tellement doucement, " on compte les minutes, on compte les heures, avec l'angoisse d'avoir un problème technique. On a beau être courageuse, on a quand même mal au ventre. " Maud confie qu'elle n'a pas eu de temps pour se reposer, pour souffler un peu, explique qu'elle se sent usée, " toute cassée ", après 95 jours de mer.
Pour elle, le principal problème ce sont des fuites constatées sur son bateau ces derniers jours. Une avarie apparue à l'avant de L'Oréal Paris. " Il a fallu écoper, enlever plus de 150 litres d'eau. La fuite vient de la cloison qui donne sur les ballasts. Ils se vident dans le bateau. " J'ai eu une grosse tempête ces derniers jours, 60 N?ud de vent. En plus avec les hauts fonds, je n'ai pas pu aller vers le Nord lorsque j'ai passé la Nouvelle Zélande. Résultat, en
allant vers le sud, je me rapprochais de la dépression et des vents violents. Cela engendré pas mal de soucis sur le bateau, notamment au niveau des chariots de ma grand-voile, les pièces qui relient la voile au mât. Ils ont été brisés sous la violence des chocs" a raconté la navigatrice ce jeudi matin.

Pour elle, le principal problème ce sont des fuites constatées sur son bateau ces derniers jours. Une avarie apparue à l'avant de L'Oréal Paris. " Il a fallu écoper, enlever plus de 150 litres d'eau. La fuite vient de la cloison qui donne sur les ballasts. Ils se vident dans le bateau.
J'ai fait un peu de résine pour pouvoir colmater et j'espère que ça va tenir ", dit elle.

L'occasion au cours de sa vacation hebdomadaire d'en parler avec Gilles Vatton, l'architecte de L'Oréal Paris. Son expertise : le problème vient d'une soudure fissurée. " Il y a malgré tout un bon côté ", explique-t-il. " Cela fait une sécurité, en créant un double fond sur le côté du bateau. Tu viens de passer plusieurs semaines dans des zones où les courses restent généralement quelques jours. Le bateau est très sollicité. " L'Oréal Paris, ancienne monture de Jean-Luc Van Den Heede, a déjà connu un tour du monde à l'envers. " Ce bateau est un compromis, un coffre fort qui doit malgré tout être capable de monter à une vitesse acceptable contre le vent. " Une machine solide avec laquelle Maud a tissé des liens
affectifs. " Je parle à mon bateau, sans doute parce que je n'ai personne d'autre à qui je peux m'adresser. Je l'encourage quand ça fonctionne bien à bord. On discute pas mal tous les deux. C'est un bateau avec qui je suis en train de vivre une aventure très forte. "

Maud file maintenant vers le Cap Leeuwin, le dernier pointé sur son parcours qu'elle pense atteindre vers la fin du moins de janvier. Ce sera la porte de l'Océan indien, la promesse du soleil et l'entrée dans la dernière ligne droite vers la Réunion tant attendue.
   

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