Plusieurs athlètes de l'équipe de France en stage dans l'ile :

La Réunion terre d'athlétisme


Publié / Actualisé
Le décathlonien Kevin Mayer, qui tentera de réaliser les minima olympiques au décathlon ce week-end à Saint-Paul, n'est pas le seul athlète de haut niveau français actuellement dans l'île. De nombreux entraineurs nationaux ont en effet choisi la destination Réunion pour préparer les Jeux olympiques de Tokyo. Et pas seulement pour échapper au couvre-feu hexagonal... (Photo rb/www.ipreunion.com)
Le décathlonien Kevin Mayer, qui tentera de réaliser les minima olympiques au décathlon ce week-end à Saint-Paul, n'est pas le seul athlète de haut niveau français actuellement dans l'île. De nombreux entraineurs nationaux ont en effet choisi la destination Réunion pour préparer les Jeux olympiques de Tokyo. Et pas seulement pour échapper au couvre-feu hexagonal... (Photo rb/www.ipreunion.com)

Depuis presque dix ans et la tenue régulière, dans le courant du mois d’avril, de son meeting international, la Réunion est redevenue un lieu privilégié de préparation pour l’athlétisme français. D’année en année, ils sont en effet de plus en plus nombreux à venir fouler les pistes péi. De Saint-Denis à l’Etang-Salé, en passant par Saint-Paul, coaches et athlètes ont ainsi souvent trouvé sur notre caillou des conditions propices à leur épanouissement athlétique en période hivernale en métropole.

On se souvient que Renaud Lavillenie a enchainé les sauts sur le stade de Saint-Paul avant son record du monde du saut à la perche à Donetsk en 2014. Dimitri Bascou a avalé les obstacles sur la même piste en 2016 avant d’aller décrocher le bronze olympique sur 110 m haies à Rio. Pierre-Ambroise Bosse a sué au même endroit en avril 2017 avant de cueillir l’or mondial sur 800 m à Londres…

Mélina Robert-Michon, la vice-championne olympique du lancer du disque en 2016, a fait de notre île une de ses terres privilégiées, tout comme les sauteurs en longueur. Aussi, les triple-sauteurs, qui ont mis le cap sur l’Etang-Salé pour une dizaine de jours, sont venus tester à leur tour les bienfaits des douces alizées de l’océan Indien en cet été austral.

Tous vantent les atouts de l'île comme terre d’accueil athlétique. Cette année, encore plus que les précédentes, dans un contexte sanitaire où la Réunion, qui n’a pas eu à subir un second confinement, a le privilège de pouvoir offrir, dixit Dimitri Bascou, "un sentiment de liberté" à tous ces champions de passage.

Imaz Press leur a demandé la raison de leur présence en masse sur notre île en cette fin d’année 2020. Et on apprend que certains d’entre eux ont déjà coché la destination Réunion pour 2021.

• Philippe d’Encausse (référent national du saut à la perche, entraineur de Renaud Lavillenie) : "La Réunion est pour les perchistes un lieu habituel de préparation. Cela fait plus de dix ans que nous venons plus ou moins régulièrement. A terme, on revient toujours ici.  Ce n’est donc pas une destination de repli avec l’actuelle crise COVID. Les conditions techniques sont bonnes. Le stade de Saint-Paul dispose d’un bon tapis. Les poteaux fonctionnent bien. Il manque juste quelques poids à la salle de musculation au stade et ce sera parfait. Sans compter qu’il y a toujours eu de bons perchistes à la Réunion. Cette année, Alexis Quest est par exemple avec nous."

• Dimitri Bascou (médaillé de bronze aux JO de Rio sur 110 m haies) : "en mars, quand on (avec la Réunionnaise Lucy Sincère) a senti que le confinement allait tomber, on s’est dit : il faut partir à la Réunion. On a bien fait. On est revenu sans hésitation en septembre pour quatre mois. Je suis Martiniquais mais je préfère venir à la Réunion pour le dépaysement. Chez moi, ce serait trop confortable. Ici, les conditions sont bonnes. Mes meilleures saisons passées (2015 et 2016), je les avais préparées ici. Les résultats de ces stages avaient été significatifs… Pour le côté psychologique, ça compte… Et puis, dans le contexte actuel, on a un sentiment de liberté."

• Dominique Hernandez (référent national du saut en longueur) : "bien avant la crise Covid, j’avais décidé que notre stage national aurait lieu à La Réunion ou en Afrique du Sud. Là, c’est la solution idéale. Par rapport aux Antilles, le décalage horaire est bien moins important et la chaleur est un peu différente. De plus, on est bien accueillis. Les gens se décarcassent pour nous. Nous sommes au Creps de Saint-Denis et si on a besoin de quelque chose, on l’obtient. Pourquoi changer ? les athlètes sont contents de venir ici régulièrement. Les installations sont performantes. En résumé, on est serein quand on vient. On n’a aucune appréhension, aucun questionnement. La différence avec l’Afrique du Sud ? L’altitude et la qualité de la salle de musculation."

• Gaetan Blouin (référent national des épreuves combinées) : "la destination Réunion est une habitude pour les épreuves combinées. Claude Monot, Jean-Yves Cochand (entraineurs nationaux par le passé) sont venus plusieurs fois avec les équipes de France. Le lieu est sympa, on profite de la chaleur. Il y a en plus deux Réunionnais dans le groupe. Cela coulait de source d’être là."

• Serge Debié (entraineur de Mélina Robert-Michon) : "c’est la huitième fois qu’on vient. Les conditions sont bonnes. D’habitude, on est là à Pâques du côté du Tampon (Ndlr : avec Léandre Del Todesco) mais en discutant avec Kevin (Mayer), on s’est dit qu’on pouvait venir avec le groupe des épreuves combinées pour retrouver l’aspect collectif des stages. Il se peut qu’on revienne en avril."

• Mélina Robert-Michon (vice-championne olympique du lancer de disque) : "avec la crise Covid en métropole, voir ici des bars et restaurants ouverts, même si on n’est pas là pour ça, ça fait du bien. On ressent moins de stress. Avec le soleil et les bonnes conditions d’entrainement, c’est bon pour le moral."

• Mathieu Collet (équipe de France de saut à la perche) : "après le confinement et le froid en métropole, on se sent ici comme des privilégiés. Il n’y a pas de couvre-feu, on a accès à tout. On fait ce qu’on aime, on saute à la perche. On profite à fond. La Réunion n’a en plus rien à envier à d’autres destinations de stage : on est en France, on n’a pas la barrière de la langue, les conditions sont bonnes, les gens sont adorables, on a de bonnes relations avec la Ligue, les locaux connaissent bien la perche et c’est moins cher que les Etats-Unis… ça tombe sous le sens d’être là. Et c’est l’héritage du passé. Mon père (Philippe, 5,94 m en 1990) venait déjà là à son époque."

• Gilles Dupray (entraineur d’Alexandra Tavernier) : "on est logés à cinq minutes du stade de Champ-Fleuri, on lance tous les matins. L’après-midi on fait musculation au Creps. C’est chouette la Réunion. Si on a besoin, on fait appelaux anciens que je revois avec plaisir, les Prianon, Sangouma, Pausé, Lebon… Les conditions sont optimales. On reviendra une ou deux fois en 2021."

• Alexandra Tavernier (vice-championne d’Europe du lancer du marteau) : "on a pris un gros coup de chaud en arrivant mais c’est ce qu’on est venu chercher. Chaleur et humidité pour tester notre acclimatation en vue des JO de Tokyo."

lb/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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