Trois mois de travaux sont prévus :

Maurice : le démantèlement du Wakashio échoué sur les côtes a commencé


Publié / Actualisé
Lundi 15 février 2021, des experts ont accosté l'épave du "MV Wakashio", le vraquier échoué à la Pointe-d'Esny pour procéder à un état des lieux, selon plusieurs médias mauriciens. Le démantèlement de la poupe devait débuter suite à cette intervention mais la météo a retardé les opérations. Le chantier de démantèlement a enfin pu commencer mercredi 17 février. Une cinquantaine de professionnels sont alors en charge de démonter et remorquer la poupe, pour une opération qui devrait durer environ trois mois, indiquent les médias de l'île Maurice.
Lundi 15 février 2021, des experts ont accosté l'épave du "MV Wakashio", le vraquier échoué à la Pointe-d'Esny pour procéder à un état des lieux, selon plusieurs médias mauriciens. Le démantèlement de la poupe devait débuter suite à cette intervention mais la météo a retardé les opérations. Le chantier de démantèlement a enfin pu commencer mercredi 17 février. Une cinquantaine de professionnels sont alors en charge de démonter et remorquer la poupe, pour une opération qui devrait durer environ trois mois, indiquent les médias de l'île Maurice.

Opération démantèlement pour le Wakashio, échoué depuis le 25 juillet 2020 dans le sud-est de l'île soeur. Depuis dimanche 14 février 2021, le Hong Bang 6, une barge à grue réquisitionnée pour démanteler l’épave, ainsi que trois remorqueurs et des barrages de protections, sont installées à la Pointe-d’Esny. 

Les conditions en mer qui n'étaient pas favorables et empêchaient les spécialistes d’entamer les travaux, ce sont améliorées ce mercredi et ont permi aux ouvriers d'entamer le chantier, indique Defimedia.info.

Les 47 marins en charge du démantèlement des 7.500 tonnes de ferraille, attendaient initialement l'accalmie prévue à partir de ce samedi 20 février pour débuter le chantier dirigé par la firme chinoise Dali Underwater Engineering. Côté environnement, en plus des barrages anti-pollution placés autour de la zone, un bateau écumeur sera placé par mesure de précaution près du chantier.

Aujourd'hui la situation est loin d'être revenue à la normale et les premiers cas présentant des troubles de santé ayant un lien avec la marée noire apparaissent. Selon Le mauricien, l'ong eco-sud révèle que 45 personnes présentent des symptômes directement liés à la marée noire. En plus de ces 45 personnes, 91 cas présentent des pathologies probablement liées à cette pollution marine. Les principaux symptômes que rencontrent ces personnes sont des troubles respiratoires et des irritations de la peau.

- Au large de Maurice depuis presque 7 mois -

Cela fait bientôt 7 mois que le Wakashio est échoué au sud-est de l’île Maurice. Le vraquier japonais a causé d'importantes pollutions au fioul et contaminé les lagons mauricien. Une marée noire qui avait poussé La Réunion à activer une cellule de crise le 6 août, bien que les côtes de notre département aient finalement été épargnées.

Mi-août, le Wakashio avait déjà perdu 400 tonnes de fioul, atteignant la plage et poussant le gouvernement mauricien à déclarer l'état d'urgence environnementale. La population s'est rapidement mobilisée pour tenter de limiter les dégâts et La Réunion, de son côté, a envoyé du matériel par avion et par bateau. Fin août, la proue du Wakashio a été coulée à 24 km des côtes mauriciennes après décision du "national crisis committee" (comité national de crise).

De passage à La Réunion le 16 août 2020, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu avait estimé, alors que le bateau avait déversé 1.000 tonnes d'hydrocarbure dans le lagon, qu'il faudrait "au moins 10 mois de travail" pour venir à bout de la marée noire.

Plusieurs cétacés, des dauphins et des marsouins ont été retrouvés morts suite à cette marée, bien que rien ne permette d'attribuer leur décès à la fuite de fuel.

- Contestation de la gestion de la marée noire -

Ce mardi 16 février, les auditions de la cour d’investigation ont repris, alors qu'une enquête est ouverte, pour tenter de faire la lumière sur le naufrage du Wakashio. Selon Defimedia.info, lors de ces auditions, tous les membres du personnel du navire ont affirmé que le capitaine du vraquier, avait donné l'ordre de s'approcher des côtes pour permettre aux marins de contacter leurs familles par internet. Toujours selon le média mauricien, le capitaine du Wakashio s'est défendu en déclarant ce mercredi 17 février que " c’est à cause du Chief Officer (Ndlr : Hitihamillage Subodha Janendra Tilakaratna) que nous nous sommes retrouvés dans cette situation ".

Selon le capitaine Sunil Kumar Nandeshwar, alors que le bateau ne suivait pas la bonne trajectoire, l'ordre a été donné au Chief Officer de rectifier le trajet. L'ordre qui aurait dû être exécuté dans les 10 minutes n'a été appliqué qu'après 40 minutes estime le capitaine. Alors qu'une fête était organisée sur le bateau ce même soir du naufrage, Sunil Kumar Nandeshwar, sous emprise de l'alcool au moment de s'apercevoir que l'ordre n'avait pas été respecté, explique aux enquêteurs avoir fait le choix de ne pas reprendre les commandes du navire.

Des dizaines de milliers de Mauriciens avaient manifesté en 12 septembre 2020 à Mahébourg, ville côtière du sud-est de l'Ile Maurice, pour dénoncer la gestion par le gouvernement de la marée noire du vraquier le Wakashio. Les protestaires estimaient que le Premier ministre Pravind Jugnauth et son gouvernement n'avaient pas agi assez rapidement pour empêcher cette catastrophe environnementale.

yb/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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