Ouverture d'une zone d'expérimentation :

Saint-Leu : sea, Zonex and surf


Publié / Actualisé
La pratique autorisée du surf sur les spots de Saint-Leu est de nouveau possible depuis cette semaine grâce à la mise en place du dispositif Zonex né du travail de longue haleine mené notamment par le Leu Tropical Surf Team et le Centre Sécurité Requin avec l'appui des services de l'Etat et de la commune saint-leusienne (Photos rb/www.ipreunion.com)
La pratique autorisée du surf sur les spots de Saint-Leu est de nouveau possible depuis cette semaine grâce à la mise en place du dispositif Zonex né du travail de longue haleine mené notamment par le Leu Tropical Surf Team et le Centre Sécurité Requin avec l'appui des services de l'Etat et de la commune saint-leusienne (Photos rb/www.ipreunion.com)

Le rideau est enfin levé. Avec la mise en place de rideaux de protection. Ainsi pourrait-on résumer le long accouchement du projet de mise en place d’une zone d’expérimentation opérationnelle appelée Zonex portée par l’association Leu Tropical Surf Team (LTST) avec le concours du précieux du Centre Sécurité Requin (CSR) pour que le surf sécurisé renaisse sur la commune de Saint-Leu.

Mercredi, la mairie saint-leusienne annonçait la signature de l’arrêté municipal validant le dispositif de sécurisation de cinq espaces nautiques sur son territoire (spot principal de la gauche + spots de repli de la tortue, de la passe, du cimetière et de la Pointe au Sel). Vendredi, à la faveur d’une houle suffisante pour surfer sur la mythique gauche saint-leusienne, le dispositif, testé et approuvé depuis de longues semaines, était lancé avant une inauguration officielle prévue le mercredi 31 mars.

Une vingtaine de surfeurs se sont donc remis à l’eau, rassurés par un protocole né de la réflexion de passionnés dont les premières démarches remontent à 2016. Gilbert Pouzet, le président du LTST, est de ceux-là., ému de ce résultat né d’un travail de longue haleine.

- Cinq ans de travail -

"Cinq ans qu’on s’est battus pour trouver une solution. Par expérience, on sait que ça marche", sourit-il, heureux de se dire que les 110 licenciés de son club et tout la Réunion du surf va pouvoir glisser dans de belles conditions de sécurité face à la menace requin. Et avant de reparler de ce dispositif, il tient à remercier un homme en particulier "le sous-préfet Olivier Tainturier qui a tout fait pour que ça ouvre mais qui, hélas, a quitté l’île avant le lancement. Il nous a écoutés et considérés."

Alice Lemoigne, la championne du monde de longboard, abonde en son sens, parle "d’un travail remarquable fait en étroite collaboration avec les services de l’Etat et de la commune." Elle est la marraine du dispositif et ne manquera pas d’être l’ambassadrice de la gauche saint-leusienne sur le circuit, "super contente de cette nouvelle, rassurée, persuadée qu’une nouvelle génération de surfeurs va pouvoir éclore. Les clubs vont pouvoir revivre. Cela ouvre de belles perspectives pour les baigneurs aussi, pour toute mon île",résume-t-elle.

- La Water Patrol en charge d’"avertir, surveiller et sauver" -

Son enthousiasme est grand pour l’avenir. En attendant, la Zonex va donc être expérimentée comme son nom l’indique pendant 18 mois. Avec plusieurs rideaux de protection pour les surfeurs. Après un dispositif de pêche assuré par le CSR dans les jours précédents, un survol du spot par un drône, une étude journalière de la turbidité de l’eau, deux jet skis et un zodiac d’appui assureront une maraude "avec une surveillance du bowl au line up en surface et en profondeur" sur le spot retenu.

"Nous mettrons en place un drapeau comme les MNS sur la plage", précise Gilbert Pouzet, indiquant que " pas moins de neuf personnes seront sur le pont chaque jour (deux équipes de quatre sur l’eau et sur terre + un directeur) pour une ouverture encadrée à partir de 8 heures. L’équipe, la Water Patrol, sera chargée, pour résumer, d’avertir, surveiller et sauver . " grâce au financement de la Région, du CSR (centre sécurité requins), de l’Etat via la DMSOI (Direction de la Mer Sud Océan Indien), "une demande d’appui restée pour le moment sans réponses ayant été faite à la commune, au TCO et au Département".

"Je ne garantis pas qu’un animal ne passera pas nos rideaux", prévient Gilbert Pouzet qui fréquente l’océan depuis plus de 30 ans. D’où la demande faite aux surfeurs d’avoir sur eux un EPI (Equipement de Protection Individuel). Ils devront au préalable également avoir pris une licence à la FFS et signé une charte de bonne conduite.

- Croire en l’avenir -

Le spot ne sera pas toutefois pas interdit à ceux qui ne voudront pas souscrire à ces deux dernières conditions. "Mais ils ne seront pas assurés, surfant ainsi à leurs risques et périls", note Eric Sparton, le président de la Ligue de surf, qui a été intégrée au projet et s’en félicite pour l’avenir de la discipline après une décennie de crise qui a perdu plus la moitié de ses licenciés par rapport à son pic (1 .00 au moment des championnats de France sur le spot de la Jetée à Saint-Pierre).

"Les choses avancent. Avec le plan Vigie Réunion Renforcée mis en place sur le spots de Saint-Gilles et Trois-Bassins (Boucan, Petit Boucan, Aigrettes, Roches Noires, Brisants, Hermitage, Trois Bassins 1 et 2), nous avons désormais deux spots sécurisés par jour sur l’île. On va laisser un peu de temps au dispositif pour prendre son rythme de croisière. Et j’espère que nous pourront l’élargir à Saint-Pierre, l’Etang-Salé et Saint-Benoit" ajoute-t-il

Gilbert Pouzet espère revoir des lycras de couleur spécifique à terme sur la gauche, signe de l’organisation de compétitions. " Dans deux ou trois ans ", dit-il. " Il faut être pragmatique ", abonde Eric Sparton.

En ces temps de mesures contraignantes pour les libertés individuelle et publique, les deux hommes sont ravis de cette formidable opportunité de revoir les passionnés s’épanouir à nouveau en glissant sur les eaux cristallines de la gauche saint-leusienne. Et ce même s’il y aura forcément quelques mécontents, déçus du ratio liberté / sécurité exigé. Un peu comme dans l’actuelle gestion de la crise Covid.

lb/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Toutes les précautions semblent être prise et voir ces surfeurs évoluer sur les eaux de l'oues est magnifique , prudence quand même à tous !
Arthur1, Posté
Bravo pour vos initiatives et vos investissements remarquables au service du développement des sports nautiques et du surf à la RéunionL'accès à la mer ne peut pas être une revendication mais c'est très encourageant que les services de l'Etat vous soutiennent pour réussir la valorisation du patrimoine littoral indispensable au développement touristique et sportif de la Réunion