Crise Covid :

Déplacements sportifs : le casse-tête de la septaine


Publié / Actualisé
L'organisation des déplacements des sportifs réunionnais en Métropole n'est pas une mince affaire à gérer en ces temps de septaine et autres tests PCR... Heureusement le ministère des Outre-mer a annoncé l'allègement des restrictions, pour les athlètes vaccinés du moins. Le test PCR sera toujours obligatoire, pas la septaine. Celle-ci reste cependant en vigueur jusqu'au 9 juin et entraîne bien des complications pour les sportifs qui se déplacent. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'organisation des déplacements des sportifs réunionnais en Métropole n'est pas une mince affaire à gérer en ces temps de septaine et autres tests PCR... Heureusement le ministère des Outre-mer a annoncé l'allègement des restrictions, pour les athlètes vaccinés du moins. Le test PCR sera toujours obligatoire, pas la septaine. Celle-ci reste cependant en vigueur jusqu'au 9 juin et entraîne bien des complications pour les sportifs qui se déplacent. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Leur motif impérieux, c’est la pratique de leur activité physique préférée. Meetings, championnats de France, regroupements nationaux, journées de détection… Chaque semaine, des sportifs réunionnais prennent la direction de la Métropole pour assouvir leur passion et le moins que l’on puisse dire est que, en cette période de mesures sanitaires Covid, c’est un véritable casse-tête pour eux et leur entourage (entraîneurs, dirigeants).

Bien que le gouvernement et la préfecture aient annoncé un allègement des mesures à savoir la suppression de la septaine pour les personnes vaccinées à compter du 9 juin, il faudra faire avec jusqu'ici et continuer de faire avec, faute de vaccin.

Exemple avec la future participation (ou non) de la Saint-Leusienne Mahé Fouquesolle et le Possessionnais Noah May aux finales nationales de basket-ball du challenge benjamins-benjamines en banlieue parisienne le 19 juin prochain.

Cette semaine, la ligue réunionnaise hésitait encore de la marche à suivre car, pour respecter la septaine à l’arrivée, Laetitia Marguin-Nativel, en charge du projet, se demandait comment les bénévoles accompagnateurs, trouvés difficilement de part la longueur du voyage et les obligations sanitaires, allaient pouvoir gérer l’isolement imposé pour des gamins pour qui ce déplacement était une fête au départ dont les vainqueurs remportent un voyage aux Etats-Unis pour aller voir un match NBA. Mal de crâne garanti…

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- Comment et où s’entraîner ? -

Si le basket-ball péi hésite encore à sauter la mer, d’autres ont déjà tranché et préparent leurs valises. Non sans une organisation exceptionnelle. Ainsi, la ligue réunionnaise d’athlétisme a pris les billets d’avion de ces qualifiés aux championnats des épreuves combinées à Oyonnax (19-20 juin) pour la date du 11 juin. 

Cédric Lopez, responsable du déplacement, se débrouillera sur place pour trouver une piste d’entrainement pour que ses ouailles ne restent pas cloîtrées, comme l’avait été, dans sa chambre d’hôtel, la surfeuse Johanne Defay en début d’année en Australie avant ses premières compétitions.

Le groupe restera ensuite en Métropole jusqu’aux championnats individuels (9 au 11 juillet à Evry), ce qui a des conséquences financières et d’examen… Maeva Bastien passera ainsi son bac français en septembre. Mais pouvait-elle faire autrement ? Idem pour les meilleurs minimes de l’île qui seront aux Pointes d’Or à Tours (3-4 juillet) et vont manquer probablement le Brevet des collèges.

Pour les interligues minimes à Saint-Etienne le 14 juillet (24 athlètes et 4 accompagnateurs), la LRA va sans doute louer un gite dans la région pour éviter au maximum les contacts extérieurs.

C’est un schéma voisin qui est envisagé par la natation réunionnaise avec les championnats de France open à Dunkerque (17-22 juillet) où une petite vingtaine de nageurs devraient se retrouver sur un plot de départ. Là, la problématique est peut-être plus grande encore. Car, si la septaine est maintenue, comment nos représentants pourront-ils se préparer si ils n’ont pas de piscine à disposition ? En mer ?

La solution pourrait être de ne pas respecter cette septaine. " On ne peut pas se permettre en tant que ligue ", répond Philippe Quest à l’athlétisme. " Il est vrai que la question que tout le monde se pose, c’est qui va vérifier ? " Personne a priori.

D’autres ont donc décidé d’être hors la loi mais néanmoins responsable. " On fait le test PCR avant de partir et sur place la veille de la compétition dans un esprit de civilité et de responsabilité ", explique un  dirigeant sous couvert d’anonymat. " C’est ça ou on ne part pas… ", dit-il, notant à juste titre que la Réunion est le seul département français dans ce cas et " qu’on ne demande pas aux étrangers de faire une septaine, que je sache… "

- Une lourde gestion administrative -

Les grimpeurs réunionnais, eux, ont enchaîné les sorties depuis des mois. " Cela a été compliqué ", confie Philippe Gaboriaud, directeur du pôle espoirs Outre-Mer de la Réunion en escalade. "On a fait le choix de ne pas multiplier les aller-retour. Les jeunes sont restés (et le sont encore pour la plupart puisqu’ils étaient trois en Allemagne hier en compétition internationale et seront huit ce week-end en lice au Pouzin) hors département de un à trois-quatre mois avec les inconvénients que cela provoque, notamment au niveau des études qu’ils ont poursuivi par correspondance. Pour ceux qui ont dû rentrer parfois, il fallait mettre en place des entrainements à huis clos à Stella. Téo Payet va quant à lui revenir passer son bac, seul dans une salle, car en septaine". 

Il ajoute que "cette organisation Covid, avec un nouveau calendrier fédéral, nous coûte cher ; cela a pénalisé les jeunes ; cela nous a coûté du temps et de l’énergie et heureusement, des bénévoles nous ont aidés pour les paperasseries administratives avec des dossiers de 15 pages à préparer pour chaque voyage… des tests PCR à faire plusieurs fois par semaine parfois… On n’a rien lâché mais j’espère que nous allons vite revenir à l’essentiel avec des énergies centrées sur notre pratique car cette crise a fait des dégâts considérables dans les clubs où de nombreux jeunes ont perdu le fil". Comme tous.

Rien n’est simple. Des mesures facilitatrices pourraient sans doute être prises pour les sportifs. Comme pouvoir les dispenser de septaine, à l’image de certaines professions (hôtesses de l’air, journalistes, avocats…).  Une évolution semble essentielle. Comme l’est la pratique sportive.

lb/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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