52ème édition du rallye :

Tour auto : zoom sur la relation entre le pilote et le copilote


Publié / Actualisé
A J-11 de la 52ème édition du Tour Auto, les organisateurs du rallye apportent des précisions sur la relation entre un pilote et son copilote. En duo, c'est leurs vies qu'ils risquent au volant pour la passion du sport. Nous publions ci-dessous le communiqué de presse du Tour auto de La Réunion (Photo d'archives : Tour auto de la Réunion)
A J-11 de la 52ème édition du Tour Auto, les organisateurs du rallye apportent des précisions sur la relation entre un pilote et son copilote. En duo, c'est leurs vies qu'ils risquent au volant pour la passion du sport. Nous publions ci-dessous le communiqué de presse du Tour auto de La Réunion (Photo d'archives : Tour auto de la Réunion)

Dans le domaine des rallyes, il est une catégorie de concurrents très particulière ou la  mixité est bien plus présente que derrière le volant tant les femmes sont nombreuses à ce poste.  Souvent dans l’ombre, mis en lumière en cas d’erreur, ils sont un rouage essentiel. Ils ont un  rôle paraissant parfois austère et ne s’expriment que rarement derrière un micro. Pourtant ils  sont de véritables moulins à parole débitant notes, indications, tempo à un rythme effréné  souvent à l’aveugle.

Vous l’aurez compris, coup de projecteur aujourd’hui sur les copilotes. Ces hommes et femmes du baquet de droite sont tout autant passionnés que leurs  collègues de gauche. Pour prendre le pouls de ces licenciés, direction le sud avec Kevin  Deberge, dernier copilote vainqueur du Tour Auto en 2019. Quand on pose la question de son  rôle à Kev’, la réponse fuse telle l’annonce d’un gauche ferme 90 pas corde: "on est en quelque  sorte le psy du pilote,on réagit au moindre changement d’attitude de notre pilote," s’amusait  le jeune papa. "au-delà de l’annonce des notes en spéciale, un copilote s’occupe de la gestion  des émotions de SON pilote.

On doit également s’occuper de la gestion du temps en liaison,  aux tables de pointage, à l’assistance, gérer les documents administratifs lors des vérifications,  en course à la demande des officiels...on fait également office de GPS...". Loin de s’arrêter à ces essentiels, le navigateur poursuivait: "Avant d’aller pointer à un  CH de départ, on doit ajuster les pressions, vérifier le bon état des pneumatiques, régler les  suspensions...pareil à l’arrivée du chrono. Dès qu’on sort de la zone du CH, le copilote descend  de nouveau de la voiture pour prendre et noter les pressions et tout ça quelle que soit la météo.  On a la chance de ne pas avoir de neige à la Réunion!" concluait-il dans un franc sourire.

Chaque équipage constitué possède ses propres habitudes de travail. Le copilote est  souvent résumé à sa fonction d’annonce de notes dans l’habitacle pour permettre au pilote  d’exercer son art et réaliser la meilleure performance possible. "Avec Damien (Dorseuil, son  pilote NDLR) nous avons une routine bien établie lors des reconnaissances." expliquait Kevin.  "Lors du premier passage de reconnaissances, c’est Damien qui donne ses notes et je note tout  la tête baissée sur le cahier.

Lors du deuxième passage, j’apporte ma lecture à propos des  angles, du changement de rythme et on apporte ensemble les corrections et précisions.Ensuite  pour le troisième passage de recos, on valide le tout." détaillait-il. Toutefois, il est parfois  nécessaire de vérifier une fois encore le travail de reconnaissance et l’équipage opte pour un  complément d’informations: "en cas de besoin, si on a le moindre doute ou modification après  le troisième passage, on travaille sur la vidéo le soir en régime accéléré sur certaines sections.  Depuis très longtemps, on a l’habitude de filmer les recos non pas pour faire du "par cœur"  mais bien pour valider les enchaînements..." 

"Nos vie en mains" 

Au-delà de l’aspect technique du travail du copilote, il y a également un gros travail humain.  Le navigateur se révèle une véritable nounou en permanence aux petits soins pour son pilote.  "Un pilote pour pouvoir exercer son talent doit se concentrer à 100% sur son pilotage. Il a nos vies en mains," expliquait Kevin. "C’est donc au copilote de veiller à tout. Par exemple, c’est  moi qui garde un œil sur la montre. Je prends soin de faire boire de l’eau à mon pilote toutes  les heures. Je m’occupe de son alimentation en parcours de liaison avec des aliments sucrés.  Vu l’adrénaline produite en spéciale, il est impératif de le recharger régulièrement!"

Quand on évoque avec notre emblématique copilote le surnom de "sac de sable" souvent  donné aux copilotes, Kevin s’en amuse franchement. "Les rares fois où un pilote n’écoute pas son copi pour une raison ou pour une autre, la sanction est immédiate: les chronos s’effondrent  et encore, ça c’est le moindre mal. La sortie de route est possible..." assurait le navigateur. "En  fait on est condamnés à s’écouter et respecter le travail de l’autre. Non, on est loin d’être des  sacs de sable servant de lest!"  

Comme nous l’indiquions, les copilotes n’ont que rarement voix au chapitre auprès des  médias. Celà fait partie du jeu selon Kevin: " on ne tient pas ce poste pour exister  médiatiquement. Mais les sensations en course sont les mêmes que celles du pilote. C’est  vraiment la même chose. Temps scratch ou victoire et même abandon ou soucis, un pilote et  SON copilote, c’est vraiment un tout!Comme nous l’indiquions, les copilotes n’ont que rarement voix au chapitre auprès des  médias. Celà fait partie du jeu selon Kevin: " on ne tient pas ce poste pour exister  médiatiquement. Mais les sensations en course sont les mêmes que celles du pilote. C’est  vraiment la même chose. Temps scratch ou victoire et même abandon ou soucis, un pilote et  SON copilote, c’est vraiment un tout!"

La question paraissait légitime: un équipage de rallye est-il un tandem, un duo ou un  couple? C’est dans un grand éclat de rire que le tamponnais répondait: " clairement comme un  couple!" s’amusait Kevin. "Quand je fais des erreurs, ce qui arrive à tout le monde, Damien  me couvre et ne dit jamais qu’une contre performance est de ma faute. De la même manière,  s’il commet une erreur, je ne dirais rien...en tous cas devant les caméras ou des personnes  extérieures au team. C’est une des raisons pour lesquelles peu de caméras embarquées  circulent lors d’erreurs. On se dit de ces trucs parfois dans la voiture! On a l’habitude de laver  notre linge sale en famille!" expliquait l’homme de droite. "Comme dans un couple, on ne se  dispute pas devant tout le monde, mais croyez-moi, il arrive qu’on se dispute! Heureusement  celà ne dure pas longtemps. Une fois qu’on s’est dit ce que l’on devait se dire, on passe à autre  chose...au CH suivant!".  Comme dans un vrai couple finalement. Se dire les mots pour éviter les maux...

   

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