En préparation d'une course dans le cercle polaire :

Le Port : Ludovic Chorgnon, l'homme qui courait dans un container frigorifique


Publié / Actualisé
Ludovic Chorgnon a couru pendant des semaines au Port dans un container frigorifique à une température moyenne de -23 degrés. Ne tirez aucune conclusion hâtive, ce sportif accompli n'a pas perdu la raison. Il s'entraîne "simplement" pour l'Ironman Cold. Cette course est prévue le 25 février 2022 à Rovaniemi au Nord de la Finlande, à 10 km au Sud du cercle polaire. Température moyenne en février - 13,8, record de froid -35 degrés. Rencontre glacée (Photo rb/www.ipreunion.com)
Ludovic Chorgnon a couru pendant des semaines au Port dans un container frigorifique à une température moyenne de -23 degrés. Ne tirez aucune conclusion hâtive, ce sportif accompli n'a pas perdu la raison. Il s'entraîne "simplement" pour l'Ironman Cold. Cette course est prévue le 25 février 2022 à Rovaniemi au Nord de la Finlande, à 10 km au Sud du cercle polaire. Température moyenne en février - 13,8, record de froid -35 degrés. Rencontre glacée (Photo rb/www.ipreunion.com)

Il s’appelle Ludovic Chorgnon, c’est un homme libre, qui a choisi de vivre à La Réunion après avoir découvert notre île grâce à La Diagonale des fous, qu’il a déjà courue 10 fois, dont la dernière en 2021, avec son fils. Son journal régional, en métropole, "La Nouvelle République", avait rendu compte de son déménagement, "le Vendômois" Ludovic Chorgnon, alias Ludo le Fou, vient de s’installer sur l’île de la célèbre Diagonale... des Fous…

Mais Ludovic Chorgnon n’est pas fou pour deux sous, quand bien même son quotidien lui-même pourrait paraître dingue pour le commun des mortels.

C’est un athlète de haut niveau qui s’entraîne de 3 à12 heures par jour, en course à pied, vélo et natation. La Réunion, il en dit le plus grand bien à ses interlocuteurs vendômois : "je suis tombé amoureux de ce beau département de la Réunion. Je m’y sens vraiment chez moi (…) En métropole, le mode de vie n’est pas compatible avec le mien. On veut toujours consommer, consommer, et encore consommer. Faire des efforts n’est plus tellement dans l’air du temps. Je laisse les gens vivre leur vie, moi je vais quelque part où ça me convient…"

- Et ce n'est pas de la science fiction -

Ludovic Chorgnon aime l’authenticité. Il est pourvu d’une âme bien trempée, et sa vie est une succession de défis qu’il se lance à lui-même, en toute modestie et conscience des limites du corps humain, qu’il repousse méthodiquement à l’extrême. Ce qui présuppose préparation et entraînement jusqu’à tangenter, sentir, le "SPOF", ou "single point of failure",  son point individuel de défaillance, le seuil critique à partir duquel  les fonctions de son organisme s’effondreraient. 

Ça fait un peu science-fiction comme approche, mais c’est très sérieux pour un homme qui a érigé le flirt avec l’extrême en mode de vie. 

Ludovic Chorgnon, pour poser le personnage, est un athlète qui a réussi à hausser sa capacité de résistance à l’inimaginable ; ainsi, a-t-il réussi à courir sans dommage 41 "Iron man"d’affilée en 41 jours. Soit 41 fois 3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme et un marathon (42,195 km). 

A La Réunion, depuis le 1er août dernier, en sus de la Diagonale courue avec son fils, il n’a pas baissé la garde. Et pour cause, il lui faut boucler son Graal, son " IRONXTREM " dont il a déjà franchi la première marche, le 31 août 2020, avec l’Ironman Up au plus fort dénivelé positif – 10 534 m - à Morillon Les Esserts, au cœur de la vallée du Haut-Giffre en Haute-Savoie.

Il lui reste donc à remporter l’Ironman Cold, le plus froid, sur le cercle polaire, prévu le 25 février 2022. Ça va se passer à Rovaniemi au Nord de la Finlande, à 10 km au Sud du cercle polaire. Température moyenne en février - 13,8, record de froid -35 degrés.

Viendra ensuite l’Ironman Hot, le plus chaud, dans la Vallée de la Mort (Californie - Etats-Unis) par 55°C. Prévu courant juillet 2022. Il terminera par l’Ironman High, le plus haut de l’histoire, au Népal à 5000m d’altitude. Normalement en novembre 2022, voire en avril 2023.  "C’est 5000 mètres, même si j’ai couru à 6000 mètres déjà, mais faire du vélo à 6000, je ne le sens pas…" dit-il.

- Limiter le pourcentage de risque au maximum -

De toute évidence on entre là dans l’extraordinaire. Ludovic Chorgnon ne s’y aventure pas en dilettante. Il fait en sorte de limiter le pourcentage de risque au maximum, de même que l’improvisation. Il est par ailleurs préparateur mental. L’extrême pour lui c’est une expérience de progression maîtrisée, de connaissance de soi, de son corps, de contrôle de la douleur, savoir jusqu’où ne pas aller trop loin… 

A La Réunion, compte-tenu du climat, Ludovic Chorgnon s’est entraîné à courir dans un container frigorifique, au Port, à une température moyenne de -23 degrés. Pour le reste, il est allé en métropole, nager en eau froide, et rouler aussi.

Pour quelqu’un qui tente de tout prévoir, les performances " IRONXTREM " se déroulent en espace naturels, extrêmes eux aussi. Ainsi, au Nord de Rovaniemi, il va nager 3, 8 km dans une eau à environ zéro degré, dans un bassin découpé dans la glace. Rouler 180 km dans des conditions qui sont autant d’inconnues en termes de température, de force du vent, de couverture neigeuse…

"Rouler un temps indéterminé à des températures entre -20 et -30°… courir dans la neige… Je sais par exemple que si, en natation, le rythme de mes mouvements vient à baisser de 40%, il faudra me sortir de là… il peut y avoir du courant, et puis avec la préparation mentale on peut aller très loin…"

- Un homme, pas une machine -

Tout un staff médical et sportif entourera Ludovic Chorgnon dans sa tentative d’exploit sous ces latitudes hyperboréales. Il y aura un guide, des plongeurs, un maximum de sécurité. Les paramètres récoltés, les données physiologiques seront partagées avec des chercheurs. 

Imaz Press Réunion sera là, en direct, en liaison avec Ludovic, le plus Réunionnais des Iron Men. Il nous d’ailleurs confié s’être un peu acclimaté déjà à la douceur de notre climat, "lorsque je suis allé m’entraîner là-bas, au froid, j’ai eu mal, j’étais gelé, le contraste est violent, j’ai franchement préféré le choc thermique du retour, de retour dans la chaleur réunionnaise…

"Iron Man est bien un homme, pas une machine.

plc/www.ipreunion.com / [email protected]

 

   

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