Les stocks s'accumulent :

Des parlementaires interpellent le gouvernement sur l'export des déchets dangereux


Publié / Actualisé
Dans une lettre ouverte, les parlementaires Jean-Hugues Ratenon, David Lorion, Karine Lebon, Jean-Luc Poudroux et Viviane Malet interpellent la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili sur la question de l'export des déchets dangereux. Face à une dérégulation du trafic maritime, les stocks de déchets dangereux se sont accumulés, et la zone de Saint-André seule habilitée pour l'entrepôt de ces déchets a atteint le seuil de sécurité. En juillet dernier, les parlementaires avaient déjà interpellé la ministre sur cette problématique, restée sans solution plus de deux mois plus tard. Ils souhaitent désormais rencontrer Barbara Pompili, ainsi que le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu et le ministre chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari, afin de trouver une solution rapide à ce problème. Nous publions leur courrier complet ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Dans une lettre ouverte, les parlementaires Jean-Hugues Ratenon, David Lorion, Karine Lebon, Jean-Luc Poudroux et Viviane Malet interpellent la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili sur la question de l'export des déchets dangereux. Face à une dérégulation du trafic maritime, les stocks de déchets dangereux se sont accumulés, et la zone de Saint-André seule habilitée pour l'entrepôt de ces déchets a atteint le seuil de sécurité. En juillet dernier, les parlementaires avaient déjà interpellé la ministre sur cette problématique, restée sans solution plus de deux mois plus tard. Ils souhaitent désormais rencontrer Barbara Pompili, ainsi que le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu et le ministre chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari, afin de trouver une solution rapide à ce problème. Nous publions leur courrier complet ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Madame la Ministre, par courrier du 5 juillet 2021, nous avons attiré votre attention sur la situation inquiétante de la gestion des déchets dangereux à la Réunion. Dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 6 juillet, vous reconnaissiez les risques variés que pourraient entraîner les zones de stockage arrivant à saturation.

Vous nous garantissiez alors que Suez et MSC étaient en contact afin de rechercher dans des délais les plus courts des solutions d’acheminement. Avant de proposer un arrêté préfectoral sur la possibilité d’augmenter provisoirement la capacité de stockage de la plateforme. Les services de la DEAL, après expertise, émettaient toutefois un avis défavorable pour des raisons de sécurité.

À ce jour, la zone de Saint-André seule habilitée pour l’entrepôt de ces déchets dangereux a atteint le seuil de sécurité. Les Réunionnais sont inquiets face à cette accumulation et à cette saturation. Les professionnelles tirent la sonnette d’alarme aujourd’hui encore par voie de presse. Ils se retrouvent à conseiller à leurs clients de stocker eux-mêmes leurs déchets avec toutes les contraintes que cela impose. Les particuliers eux-mêmes sont appelés à stocker batteries de véhicules avec les risques de fuites d’acide plombé.

Il devient urgent de mettre fin à cette situation afin d’éviter des problèmes connexes tels que des augmentations des dépôts sauvages, pollutions des sols et des cours d’eau, des départs d’incendie, autant de risques majeurs pour l’environnement. Mais aussi pour préserver la santé de notre population, contre des maladies comme le saturnisme dû aux plombs des batteries qui risquent de se retrouver dans la nature. Ce risque est réel puisque, comme vous le savez, le plomb a des effets toxiques sur l’organisme même à faible dose.

Les DASRI représentent aussi un danger, pour les travailleurs au contact de ces déchets, d’autant, qu’ils peuvent contenir des micro-organismes dangereux pour l’homme et destructrices pour la biodiversité.
 
Le Président de la SIRC (syndicat de l’importation et du commerce de la Réunion) et le Gérant de Maoré Territoire, vous ont transmis un courrier d’alerte le 20 août 2021, accompagnée d’une note détaillée sur l’état de la gestion, et sur l’impossibilité de transfert vers la France continentale des déchets dangereux et sur les conséquences sanitaires qui en découlent. Ces professionnels de la filière sont à disposition des services de l’Etat pour échanger sur la situation et parvenir à une solution concertée.

C’est dans ce même objectif, Madame la Ministre, que nous attirons de nouveau votre attention sur l’urgence de cette situation, et réitérons notre demande d’entretien à l’occasion d’une rencontre qui pourrait réunir également le Ministre des Outre-Mer, le Ministre délégué chargé des transports et les parlementaires de la Réunion. Nous partageons votre conviction que des solutions doivent être apportées rapidement, pour faire face à l’urgence actuelle mais aussi sur le long terme en garantissant la continuité d’un service public durable en matière de traitement des déchets sur notre territoire.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Jean-Hugues Ratenon, David Lorion, Karine Lebon, Jean-Luc Poudroux, Viviane Malet

Lire aussi : Situation inquiétante face aux traitements des déchets dangereux

   

4 Commentaire(s)

CAJAOP, Posté
Qu'est ce qu'on attend pour lancer ici à La Réunion la construction d'une usine de traitement de ce type de déchets ' On le voit, c'est pas la matière première qui va manquer, surtout si en plus, on fait le tour des ravines et des dépôts sauvages.
Missouk, Posté
Mais bon, Madame la Ministre n'a pas le temps, elle est en vacances depuis le 7 juillet... En fait, elle s'en fiche, c'est tellement loin LA REUNION! Un exemple de plus qui montre à quel point le gouvernement se fiche des DOM comme de l'an quarante!
Joe bar team, Posté
ben ui faut temps en temps écrire un brouillon!ek la paye zot i gain
Jo974, Posté
Le traitement des déchets devrait incomber aux fabricants. Cette action doit aussi être réalisée sur place.