Enquête de l'Autorité de la concurrence et des prix (actualisé) :

Les locaux de la direction d'Air Austral perquisitionnés et placés sous scellés


Publié / Actualisé
Depuis ce jeudi matin 7 novembre 2019, les gendarmes et les enquêteurs de l'Autorité de la concurrence et des prix sont en investigation dans les locaux d'Air Austral dans la zone aéroportuaire de Sainte-Marie. Certains bureaux de la direction de la compagnie aérienne ont été placés sous scellés. Cette enquête est en lien avec la suppression par les autorités malgaches des droits de trafic de Corsair (compagnie concurrente d'Air Austral) entre Madagascar et La Réunion, a indiqué la direction d'Air Austral (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Depuis ce jeudi matin 7 novembre 2019, les gendarmes et les enquêteurs de l'Autorité de la concurrence et des prix sont en investigation dans les locaux d'Air Austral dans la zone aéroportuaire de Sainte-Marie. Certains bureaux de la direction de la compagnie aérienne ont été placés sous scellés. Cette enquête est en lien avec la suppression par les autorités malgaches des droits de trafic de Corsair (compagnie concurrente d'Air Austral) entre Madagascar et La Réunion, a indiqué la direction d'Air Austral (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les gendarmes et les enquêteurs de la concurrence ont perquisitionné les bureaux de la direction. Plusieurs ordinateurs et documents ont été saisis. Les investigations ont duré depuis plusieurs heures. Des bureaux ont ensuite été placés sous scellés.

Dans un courrier adressé ce  jeudi matin au personnel de la compagnie aérienne, qu'Imaz Press a pu lire et qui a ensuite été transmis à la presse, Marie Joseph Malé, président directeur général d'Air Austral indique "certains des bureaux de la Direction Générale ont fait l’objet ce matin d’une perquisition par l’Autorité de La Concurrence Française. Une mise sous scellés a ainsi été réalisée dans le cadre d’une enquête ouverte par cette dernière qui s’est saisie d’office".

Selon le PDG de la compagnie aérienne "cette enquête est en lien avec le dossier de non reconduction par les Autorités Malgaches des droits de trafic temporaires de la compagnie Corsair entre La Réunion et Tananarive en 2018".

"La procédure de mise sous scellé reste une procédure classique, mais reste une opération quelque peu surprenante et spectaculaire. La compagnie a confirmé qu’elle collaborerait pleinement avec les Autorités dans le cadre de cette enquête" écrit encore Marie Joseph Malé.

La perte de ces droits de vols entre les aéroports de Saint Denis-Roland Garros et Antananarivo-Ivato avait contraint Corsair "à mettre fin à la route entre sa base à Paris-Orly et la capitale de Madagascar via La Réunion, après  21 ans de présence dans la Grande Ile" écrivait à l'époque air-journal.fr

A l'époque Corsair avait lancé une pétition en ligne "revendiquant le maintien de ses droits de trafic sur la ligne Réunion/Madagascar". La compagnie aérienne précisait : "l’ouverture de la desserte régionale en 2017 a permis à plus de personnes de voyager à des prix compétitifs". Elle pointait ensuite du doigt "les risques de retour à une situation de monopole qui aurait pour conséquences une baisse du trafic et une augmentation des prix".

Lire aussi : Air Austral au secours d'Air Madagascar avec 40 millions de dollars

Ce retrait des droits arrivait dans un contexte de partenariat vieux de plusieurs années entre Air Madagascar et Air Austral. Cette collaboration s'est renforcée de manière décisive le mardi 4 avril 2017. Air Austral était "officiellement désigné comme le partenaire stratégique d'Air Madagascar. Le protocole d'accord a été signé : il s'agit maintenant de redresser la compagnie malgache et de rafraîchir sa flotte avant le développement du business plan" déclarait alors l'entreprise réunionnaise

C'est donc pour en savoir plus sur les conditions de suppression de droits de trafic de Corsair, décidée après "le partenaire stratégique" entre les compagnies malgache et réunionnaise, que l'Autorité de la concurrence mène ses investigations.

En visite à La Réunion, le Président Emmanuel Macron avait déclaré le 24 octobre à propos du secteur aérien  :"il y a trois manières principales (de faire baisser les lirx - ndlr): faire venir d'autres compagnies qui vendront moins cher le billet, s'assurer que les compagnies qui sont là baissent les prix de leurs billets en les contrôlant, ou encore l'aide directe pour aider les publics les plus en difficulté, qui ont besoin de se déplacer".

Dans son courrier adressé aux salariés le PDG souligne "je vous tiendrai informés des résultats qui seront obtenus, ce pourquoi je reste totalement confiant. L’intégrité de notre compagnie que je représente fait en effet partie de mes priorités absolue mais aussi de nos valeurs communes".

Le communiqué de l'Autorité de la concurrence

En fin d'après-midi l'Autorité de la concurrence a publié le communiqué suivant : "des opérations de visite et saisies inopinées ont été réalisées dans le secteur du transport aérien de passagers inter-îles dans la zone Océan Indien.

Les services d'instruction de l'Autorité de la concurrence ont procédé aujourd'hui, après autorisation d'un juge des libertés et de la détention, à des opérations de visite et saisie inopinées auprès d'entreprises à La Réunion suspectées d'avoir mis en œuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur du transport aérien de passagers inter-îles.

A ce stade, ces interventions ne préjugent bien évidemment pas de la culpabilité des entreprises concernées par les pratiques présumées, que seule une instruction au fond permettra le cas échéant d'établir."

Une délégation de l'Autorité de la concurrence est arrivée à La Réunion il y a quelques jours. Elle a aussi pour mission d'enquêter sur le possible rachat d'une partie du groupe Vidémia, exploitant des enseignes Jumbo et Score, par le Groupe Bernard Hayot (GBH).

Lire aussi : Rachat de Vindemia : les rapporteurs de l'Autorité de la concurrence à La Réunion ce lundi

www.ipreunion.com

   

7 Commentaire(s)

Guillaume, Posté
Passez le staff dirigeant au peigne fin et leurs salaires mirobolant
La vigie, Posté
Yes enfin la justice se penche sur ce cas AIR AUSTRAL
Goyave pays, Posté
Partout où passe Diddix, la compagnie ou la collectivité trépasse. Ce vice est inscrit dans ses gènes.
Zan renette, Posté
Et certains se balade à Shanghai .... comme pour mieux arriver ce qui devait arriver! Il n'y a pas de hasard dans la vie! Life is bat karé & money
Babouk loswoir, Posté
L'entente illicite dans cette zone du monde, et tout particulièrement le point de chute et de décollage de/depuis La Réunion ! Cela fait 40 ans que ce film perdure.
RIPOSTE974, Posté
La situation est simple. Le capital de la compagnie réunionnaise Air Austral est détenu à 87% par une société d'économie mixte, la Sematra, créée en 1990. Dont la Région Réunion est propriétaire à 74%, et le Département à 11%. La Sematra contrôle aussi la compagnie Ewa, basée à Mayotte. Air Austral détient également des participations au capital de la compagnie Air Madagascar à hauteur de 49 % à travers une filiale dénommée Air Austral Invest.
Une nouvelle fois, la Chambre Régionale des Comptes de La Réunion publie un rapport critique sur la gestion de la SEMATRA pour les exercices 2014 et suivants. La Région Réunion en dépassant plus de 33% du capital d'une société commerciale déroge au code général des collectivités territoriales, et le Département, aux règles d'actionnariats érigées par la loi NOTRe (Nouvelle Organisation de la République). Ce dernier n'a en effet plus de compétence économique depuis le 1er janvier 2017.

Un responsable le mec de la pyramide inversée et souhaitons que la justice péi penche réellement sur son cas ...
Loulou, Posté
Comme le disait un regretté Président de la République........et bien pour air austral ''les emmerdes ca vole en escadrille'' :
Avions en pannes , vols retardés.., compagnies low cost pour sauver la mise sur Mayotte , ...passager oubliés , et ne parlons des soirées arrosées avec les hôtesses....... et maintenant perquisitions , ca sent le roussi... !!
Et tout ça avec nos impôts locaux ...