Les masques livrés étaient en mauvais état :

Coronavirus : les infirmiers "trahis" par l'ARS


Publié / Actualisé
Les officines de pharmacies réunionnaises ont reçu, ce mercredi 25 mars 2020, la livraison de 120.000 masques FFP2 promis par l'Agence régionale de santé (ARS), à remettre aux professionnels de santé. S'ils sont bien arrivés, une grande partie présentent des défaut et taches de moisissure. La Fédération nationale des infirmiers (FNI) s'indigne de la qualité de ces masques et dit ne plus avoir confiance en l'ARS. Dans l'après-midi, l'ARS a demandé l'arrêt de la distribution des masques FFP2. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Les officines de pharmacies réunionnaises ont reçu, ce mercredi 25 mars 2020, la livraison de 120.000 masques FFP2 promis par l'Agence régionale de santé (ARS), à remettre aux professionnels de santé. S'ils sont bien arrivés, une grande partie présentent des défaut et taches de moisissure. La Fédération nationale des infirmiers (FNI) s'indigne de la qualité de ces masques et dit ne plus avoir confiance en l'ARS. Dans l'après-midi, l'ARS a demandé l'arrêt de la distribution des masques FFP2. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Les professionnels de santé, un temps soulagé de l’arrivée imminente de masques annoncée par l’ARS, ont rapidement déchanté ce mercredi 25 mars 2020, à la constatation que nombre d’entre eux étaient en mauvais état. Bien que l’ARS ait précisé avoir vérifié la fonctionnalité de ces masques, les taches de moisissures apparentes laissent craindre aux infirmier qu’ils puissent engendrer d’autres infections.

“Les masques ont peut-être été vérifiés, mais sur le terrain il y a beaucoup de masques pourris”, réagit Sébastien Lallemand, président de la FNI Réunion. “L’ARS nous fait des effets d’annonce, où elle promet de débloquer son stock stratégique de masques, mais ne soucie pas des contraintes techniques de la livraison de ces masques en pharmacie.”

Et l’infirmier libéral de rendre compte de l’exaspération de ses collègues : “La profession n’a plus confiance en l’ARS. Elle se sent manipulée, trahie, trompée. On nous a donné des masques périmés et moisis. On se demande quand les fameux stocks d’Etat, qu’on attend depuis jeudi de la semaine dernière, vont arriver.”

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Julien Bellemene, un autre infirmier, adhérent de la FNI Réunion, dresse un constat encore plus alarmant. Il affirme ne plus pouvoir remplir ses fonctions de manière convenable. “La gestion actuelle de la crise du covid -19 par les pouvoirs publics ne me permet pas d'exercer mon activité sereinement. Il faut bien comprendre que l'absence d'information sur la date de péremption du masque me demande de faire un choix : soit avoir une confiance aveugle ce qui va à l'encontre de la formation infirmière, où on nous demande de vérifier chaque geste et les dates de péremption de tous les matériels et produits utilisés, soit refuser d'utiliser la matériel et donc être incapable de soigner tout patient atteint du covid-19.”

Selon l’infirmier, la probabilité que ces masques périmés soient défectueux est trop importante, pour travailler correctement. “S'ils sont non-fonctionnels, je prends le risque de me contaminer, de contaminer mes autres patients, leur famille et ma propre famille. Je serais donc à l'origine d'une chaine de contamination ce qui n'est pas acceptable pour un professionnel de santé. Je trouve anormal d'avoir à me poser autant de question aujourd'hui. Le manque d'information me complique mon travail de terrain. Après deux semaines d'attente j'estime que je ne suis toujours pas équipé pour aller soigner des patients ayant contracté le covid-19.”

Julien Bellemene lamente une désorganisation des responsables de la santé publique à La Réunion, qui résulte en une désorganisation de l’offre de soin. “On marche sur la tête…” 

- L'ARS demande l'arrêt de la distribution des masques FFP2 -

Dans l'après-midi du mardi 25 mars 2020, l'ARS a finalement demandé aux pharmacies de cesser la distribution de ces masques FFP2 en mauvais état. "Je me félicite de cette décision, ça rejoint totalement le manque d'organisation dont on se plaint. Pourquoi avoir attendu autant de temps pour s'en rendre compte ?" s'interroge Sébastien Lallemand. 

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Aussi, la FNI Réunion demande à intégrer les instances décisionnaires afin de pouvoir leur faire part de leurs remontées terrain et participer au processus de réflexion. Tout n'étant pas noir en cette période de crise sanitaire, le syndicat tient tout de même à exprimer sa satisfaction quant aux dépistages pour les professionnels de santé revenant de l'étranger. "C'était une annonce de l'ARS, les médecins traitants font des ordonnances à ces infirmiers pour se faire dépister. Il semblerait que ça se passe bien."

Une note positive dont il conviendrait qu'elle s'ensuive d'autres, afin pour contenir au plus vite l'évolution du coronavirus à La Réunion. 

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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