Emmanuel Macron présente un plan de relance ce mardi :

Déconfinement : la reprise est lente dans les concessions automobiles


Publié / Actualisé
Deux semaines après la réouverture des concessions, l'évolution du marché de l'automobile est un point charnière de la reprise économique. Le président de la République Emmanuel Macron doit d'ailleurs présenter un vaste plan de relance, ce mardi 26 mai 2020. Si le nombre de nouvelles immatriculation augmente jour après jour à l'échelle nationale, les professionnels de l'automobile estiment la reprise timide et attendent avec impatience les annonces du gouvernement. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Deux semaines après la réouverture des concessions, l'évolution du marché de l'automobile est un point charnière de la reprise économique. Le président de la République Emmanuel Macron doit d'ailleurs présenter un vaste plan de relance, ce mardi 26 mai 2020. Si le nombre de nouvelles immatriculation augmente jour après jour à l'échelle nationale, les professionnels de l'automobile estiment la reprise timide et attendent avec impatience les annonces du gouvernement. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Le 11 mai, jour du déconfinement et de la réouvertures des réseaux de distribution, 3.167 nouvelles immatriculations ont été enregistrées, selon le cabinet statistique AAA Data. Huit jour plus tard, le chiffre a plus que doublé et franchi la barre des 7.000.

Malgré cela et en attendant les annonces du chef de l'Etat, les professionnels du secteurs restent on ne peut plus prudents, conscients qu’il faudra du temps pour amortir les deux mois d’arrêt des usines de productions, dont les ramifications se font sentir des constructeurs aux distributeurs, en passant par les équipementiers. Au mois d’avril, les ventes de voitures neuves particulières ont chuté de 89%.

Avec DS et Tesla, Porsche est le seul constructeur affichant une croissance positive pour l’année 2020. Bertrand Chartier, dirigeant de la concession Porsche à La Réunion, note toutefois un inévitable revers commercial. “Pendant deux mois notre structure a été complètement fermée. Cela s’est ajouté au changement de malus écologique du 1er mars qui fait que toutes nos voitures sont désormais au moins à 20.000 euros. Le coût des voitures a explosé et en plus on a été obligé de fermer”, lamente-t-il.

“Depuis le 11 mai, c’est plutôt bien reparti au niveau commercial”, constate-t-il. On est au-dessus de ce qu’on prévoyait de faire. Est-ce que ça va durer ? Je ne sais pas, mais en tout cas, c’est plus que ce qu’on espérait.”

Parmi les autres constructeurs, le groupe PSA avait entrepris de réduire ses effectifs, ses coûts et sa gamme de modèles, après la dernière crise du secteur. Des mesures qui lui permettent de limiter les dégâts à l’heure du coronavirus.

Pour Renault, l’autre grand groupe français, la crise se fait plus durement ressentir. Son président Jean-Dominique Senard doit présenter, ce vendredi, un plan de réduction des coûts de 2 milliards d’euros sur trois ans, qui comprendrait la fermeture de quatre usines en France.

Après s’être positionné, dans un premier temps, contre la fermeture du site de Flins, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a finalement reculé ce lundi.

- Attirer le consommateur -

Il est en tout cas entendu de tous que la filière automobile, dont dépendent 900.000 salariés en France, ne rebondira qu’à condition que les consommateurs reprennent le chemin des concessions. D’après un sondage d’OpinionWay, 17% des Français envisagent d’acheter un véhicule neuf dans les prochains mois, ce qui “peut laisser présager une année noire pour les constructeurs automobiles”

Aussi, les constructeurs multiplient les offres promotionnelles pour booster la demande. Opel offre une remise de 2.500 euros (avec la reprise d'un ancien véhicule) pour sa citadine Corsa, soit un rabais de 12 %. Le SUV Grandland voit, lui, son prix réduit de 5.500 euros. Chez Nissan, les prix des modèles Micra sont diminués de près de 30 % sur les voitures en stock.

“L’offre promotionnelle en cours est celle qu’on avait prévu de faire avant cette crise sanitaire”, indique Bertrand Chartier pour le cas de Porsche. “Les voitures neuves sont garanties 4 ans au lieu de 2 ans. On ne maîtrise pas trop l’impact sur les ventes pour le moment, parce c’est associé au déconfinement”, tempère-t-il. Les marques françaises Citroën, Peugeot et Renault ne sont pas en reste et proposent également des offres allant de l’extension de garantie au report de mensualités.

L’objectif est clair : écouler les stocks accumulés pendant le confinement, que le Comité national des professionnels de l'automobile (CNPA) estime à 10 milliards d’euros. “Entre 40.000 et 50.000 emplois sont actuellement menacés de disparition”, prévient le président du CNPA Francis Bartholomé.

- L’exécutif attendu -

Malgré ces très nombreuses offres de la part des constructeurs, la reprise est plutôt timide. Dans ce contexte, les annonces d’Emmanuel Macron sont d’autant plus attendues. Le chef de l’Etat doit présenter un plan de relance qui devrait également faire office de plan de transition vers les véhicules propres. Le défi étant d'inciter les Français à renouveler leur véhicule dans un contexte de crise économique et en verdissant le parc.

Augmentation du bonus écologique pour l’achat d’une voiture électrique, bonus pour les véhicules hybrides rechargeables, retour de la prime à la casse pour les ménages modestes, ou encore aide pour l’installation de bornes d recharge… Autant de mesures que le président de la République devrait spécifier pour initier la reprise dans l’automobile.

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