[PHOTOS] Le chanteur est décédé mardi à 83 ans :

Mort de Simon Lagarrigue : les hommages se poursuivent


Publié / Actualisé
La Réunion pleure le décès de celui que tout le monde appelait "Dada". Simon Lagarrigue, s'est éteint à l'âge de 83 ans ce mardi 21 juillet. Saint-Pierrois connu de tous, il chantait ses propres compositions, élaborées sur la vie de tous les jours, ou encore des airs hérités des anciens. Simon Lagarrigue faisait figure de patriarche du maloya. Retour sur la vie de cet artiste à la fois discret et monumental. (photo rb/www.ipreunion.com)
La Réunion pleure le décès de celui que tout le monde appelait "Dada". Simon Lagarrigue, s'est éteint à l'âge de 83 ans ce mardi 21 juillet. Saint-Pierrois connu de tous, il chantait ses propres compositions, élaborées sur la vie de tous les jours, ou encore des airs hérités des anciens. Simon Lagarrigue faisait figure de patriarche du maloya. Retour sur la vie de cet artiste à la fois discret et monumental. (photo rb/www.ipreunion.com)

Né en 1938 à Saint-Pierre, Simon Lagarrigue est l'un des plus grands chanteurs de maloya. Le maloya c'était son combat, une arme de résistance, et toute sa vie, cette passion l'a amené à défendre son identité.

Simon Lagarrigue, a écrit et chanté de nombreuses chansons engagées au sein de la Troupe Résistance, dont il était le leader avec son beau-frère Firmin Viry.

Personnage authentique et grand zarboutan du maloya, Simon Lagarrigue a vécu l'époque où le maloya était interdit. Homme de l'ombre, il composait des chansons à fortes connotations politiques, tel que "la troupe résistance larivé", "mon prézidan condane pa mwin", "momon dorina", "tape pa moin dan la tête", afin de mettre en lumière les pages sombres de l'histoire culturelle réunionnaise. En 1968, il fait même de la prison pour avoir manifesté contre le pouvoir en place à Saint-Pierre.

En 1978, la troupe enregistre deux tours 45 tours aux studios ISSA, à Saint-Denis. En 1980 La Troupe Résistance csse ses activités. Simon Lagarrigue rejoindra plus tard la troupe de Firmin Viry dans laquelle jouait son père Henri, ses frères Alain et Yvrin et ses sœurs Céline et Christiane. En 2007, à 70 ans déjà, il enregistre son premier album solo.

- Star du Safiko -

Apprécié de tous, il est invité à se produire sur la scène de la salle verte du Sakifo, festival de musique emblématique organisé chaque année à La Réunion, pour l’édition de 2019, regardez :

L'auteur de "Ti vyien mon péi" devait se produire dans quelques mois sur scène pour la 17ème édition du Safiko, qui se déroulera en novembre.

C'est un grand militant et musicien réunionnais qui nous a quitté ce mardi 21 juillet, un homme de valeur qui aura consacré toute sa vie au rayonnement du maloya. De nombreuses personnalités ont décidé de lui rendre hommage.

Lire aussi : Simon Lagarrigue est décédé à l'âge de 83 ans

- Hommages -

• René Sotaca, conseiller départemental

"C’est avec beaucoup d’émotion que j’apprends le décès de Simon Lagarrige à l'âge de 83 ans.

Fidèle du Parti Communiste Réunionnais, militant de l’identité réunionnaise, il a connu la période difficile de la répression contre les communistes. Il était surtout une grande figure du Maloya, une passion qu’il partageait avec cœur à tous les réunionnais et réunionnaises.

Après avoir subit son interdiction, lui et d'autres artistes, comme Gramoune lélé et Firmin Viry ont mit le Maloya en lumière.

La Réunion perd un grand homme, une icône de la culture réunionnaise. On perd surtout un grand militant, dont les combats d'hier sont toujours d'actualité. A nous de rendre hommage à son militantisme et de poursuivre ses luttes.

J’adresse à toute sa famille et  à ses amis, mes sincères condoléances.

Nar trouv’ camarade !"

• Georges Gauvin, président du Comité Solidarité Chagos La Réunion

"Un grand ami de la cause chagossienne s’en est allé.

Nous venons d’apprendre le décès de Simon Lagarrigue, zarboutan du maloya et de la culture réunionnaise. A cette occasion nous tenons  à rappeler que la troupe Résistance des frères Lagarrigue Simon et Ivrin s’est produite gracieusement et  à plusieurs reprises lors des venues de délégations chagossiennes à la Réunion. Pour notre Comité cela a été l’occasion de rencontres  passionnées entre nos deux cultures de l’océan Indien.

Olivier Bancoult nous a téléphoné de l’ile Maurice pour faire part de sa tristesse à l’occasion du décès de Simon.  Il se souvient de ses contacts particulièrement chaleureux avec  le zarboutan de la culture réunionnaise aujourd’hui disparu  et tient à faire part de ses sincères condoléances à la famille du disparu.

Le Comité Solidarité Chagos La Réunion remercie  la troupe Résistance pour son concours précieux à la réussite des voyages d’amitié fraternelle ici  à  La Réunion et particulièrement à Saint-Pierre de délégations chagossiennes.  Il s’incline avec tristesse  et respect devant la mort d’un des chantres du maloya .
Simon le  souvenir de ta présence restera  pour toujours vivant en nous."

• Giovanni Poire, conseiller général de La Réunion

"Simon Lagarrigue est décédé hier à son domicile familial de Condé.

C'est une grosse perte pour le maloya réunionnais.

Un autre zarbourtan not kultur I sa va, et i mette La Réunion de nouveau en deuil, quelques temps après la récente disparition d'un autre maloyeur: Tiloun dont, par un curieux hasard, les derniers jours ont eu pour cadre Saint-Pierre. La ville de Simon.

Il est parti, mais il nous laisse un exemple: celui du combattant. Celui du militant qui s'est bâti dans la Résistance, du nom de son troupe, après d'inlassables combats menés pour la liberté et l’égalité sociale au sein de son parti de toujours : le Parti Communiste Réunionnais.

Il est parti, mais il nous laisse une voix, une musique, un son qu'il a commencé à mettre sur CD il y a seulement 11 ans.

Des paroles empreintes du quotidien, de la vie lontan, du monde qui change. Lui qui tenait plus que tout à sa liberté d’opinion.

Simon Lagarrigue, patriarche du maloya, était un sage. Un homme de l'ombre. Un discret et fidèle dalon de Firmin Viry - son beau frère. Ils font partie de cette génération qui a porté la voix du maloya dans les moindres recoins de notre île, arpentant sentiers et champs sauvages, chemins rocailleux et mal éclairés.

Qu'ils en soient tous les deux remercié. A sa famille, à ses proches et amis, ainsi qu’aux autres artistes qui l'ont accompagné sur scène, mes sincères condoléances

Il restera un exemple marquant pour nous et pour la nouvelle génération.

Adieu Monsieur Lagarrigue”.

• Jérôme Galabert, organisateur du Safiko

" Le décès de Simon Laggarigue engendre une grande tristesse pour le monde du maloya réunionnais.

C'était un homme charmant, il a marqué plusieurs générations. Il devait se produire lors du festival 2020, nous le regrettons.

Nous apportons tout notre soutien et nos condoléances à la famille"

Tous les autres hommages rendus dès ce mardi sont à retrouver ici.

es / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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