Le secrétaire national de FO magistrats, Emmanuel Poinas, de passage sur l'île :

"Il y a un vrai problème avec le respect des procédures à La Réunion"


Publié / Actualisé
Emmanuel Poinas, secrétaire national de FO magistrats, achève ce jeudi 19 juin 2014 une visite de trois jours à La Réunion, où il était venu soutenir le juge de Mayotte Hakim Karki, convoqué ce lundi par le premier président de la cour d'appel. L'occasion pour lui dénoncer une "tentative de déstabilisation" de ce dernier, mais aussi d'évoquer le cas du procureur de la République de Saint-Denis, Philippe Muller, dont le décret de nomination à Grenoble vient d'être publié ce mercredi. "Je repars avec le sentiment qu'au sein de la magistrature, un certain nombre de procédures ne sont pas appliquées. C'est un vrai problème et je ne pensais pas découvrir ça", a déclaré le responsable syndical.
Emmanuel Poinas, secrétaire national de FO magistrats, achève ce jeudi 19 juin 2014 une visite de trois jours à La Réunion, où il était venu soutenir le juge de Mayotte Hakim Karki, convoqué ce lundi par le premier président de la cour d'appel. L'occasion pour lui dénoncer une "tentative de déstabilisation" de ce dernier, mais aussi d'évoquer le cas du procureur de la République de Saint-Denis, Philippe Muller, dont le décret de nomination à Grenoble vient d'être publié ce mercredi. "Je repars avec le sentiment qu'au sein de la magistrature, un certain nombre de procédures ne sont pas appliquées. C'est un vrai problème et je ne pensais pas découvrir ça", a déclaré le responsable syndical.

Arrivé à La Réunion ce lundi 16 juin pour défendre le juge Hakim Karki devant le premier président de la cour d’appel Dominique Ferrière, le secrétaire national de FO magistrats, Emmanuel Poinas, n’aura pas fait le voyage pour rien. Au-delà du cas du juge  d’instruction du tribunal de grande instance (TGI) de Mayotte, l’homme a pu goûter au climat très particulier régnant sur le palais de justice de Saint-Denis. "Les tensions ne sont toujours pas résolues et risquent de ne pas l’être dans le futur. L’actualité judiciaire de La Réunion dans les prochaines semaines continuera à être chaude, pour ne pas dire plus...", a-t-il estimé.

C’est qu’Emmanuel Poinas a débarqué en pleine "affaire Muller", le jour où Dominique Ferrière et le procureur général Claude Laplaud ont descendu en flammes le procureur de la République de Saint-Denis. "J’ai pu lire des propos surprenants et je suis très perplexe sur certaines prises de position", a-t-il dit, avant de développer : "On nous dit que les propos de Philippe Muller sont inexacts, mais s’il n’y a pas de justice de classe, pourquoi alors parler de 'petites gens' ? Le procureur général dit que le dossier de son avertissement fait 20 centimètres, mais il pourrait bien faire 1 mètre cube, ce n’est pas le problème ! La question est de savoir s’il y a des faits prouvés ou non. Je trouve le procédé étrange et dans d’autres départements de métropole, je ne suis pas sûr que les analyses auraient été posées dans ces termes-là..."

"Ne pas confondre allégations et preuves"

Pour Emmanuel Moinas, "l’administration n’a jamais pris la peine de mener une inspection structurée" dans cette affaire. "Si Philippe Muller a commis une faute disciplinaire ou une infraction pénale, alors il faut une enquête !", a-t-il lancé, soulignant qu’ "il ne faut pas confondre des allégations et des preuves".

"Je défends le droit à se défendre, ce qui est de plus en plus remis en cause", a poursuivi le secrétaire national de FO magistrats. "La légitimité de la justice se fonde d’abord sur le respect des procédures, qui doit être le même sur l’ensemble du territoire de la République. Si on s’écarte de ces principes, on va vers la catastrophe..."

Et selon lui, la justice réunionnaise aurait justement tendance à s’éloigner de ces principes. "Je repars avec le sentiment qu’au sein de la magistrature, un certain nombre de procédures ne sont pas appliquées. C’est un vrai problème et je ne pensais pas découvrir ça", a-t-il souligné, visant directement le sommet de la hiérarchie : "Je pense que le premier président de la cour d’appel a vraiment un problème avec le statut de la magistrature..."

Et Emmanuel Poinas d’enchaîner avec le cas Karki, dont la situation s’apparente pour lui à "une tentative de déstabilisation". Il s’explique : "Il lui est reproché d’avoir tenu des propos inappropriés devant un avocat. Ces propos sont niés et contestés, mais avant même que le magistrat ait pu s’expliquer, ils ont été transmis au ministère de la Justice pour appuyer une demande de dessaisissement du juge d’instruction par le président de la cour d’appel. Nous contestons la possibilité pour le président de la cour d’appel de procéder ainsi, d’autant plus qu’il a refusé la présence d’un avocat à Hakim Karki, ce qui est contraire au statut de la magistrature. D’autre part, nous avons pu constater que l’évaluation d’Hakim Karki n’était pas non plus conforme au statut de la magistrature. Pour moi, il est clair que cela s’appelle de la déstabilisation."

"Il faut que ça s'arrête"

Le responsable de FO magistrat se dit ainsi "extrêmement choqué" de la manière dont a été traité le juge Karki par la hiérarchie réunionnaise. "On m’a dit qu’il y avait des dysfonctionnements à La Réunion, et bien j’en ai constaté un et nous mettrons tous les moyens légaux en œuvre pour contester ce genre de procédés", assure-t-il.

Le juge Hakim Karki est notamment en charge d’instruire une partie du dossier concernant le trafic de drogue à Mayotte mettant en cause des gendarmes du GIR (groupe d’intervention régional), dossier dont le parquet général souhaite le dessaisir pour le rapatrier intégralement à La Réunion. Faut-il y voir un lien de cause à effet ?

"On n’est pas dans le complot, on n’est pas dans la rumeur. Il faut revenir aux faits", coupe Emmanuel Poinas. "Je ne sais pas quel intérêt il y a à ne pas permettre à un juge de travailler, mais le simple fait que cela soit possible n’est pas conforme à l’intérêt de la République et des justiciables et il faut que ça s’arrête", conclut-il.

www.ipreunion.com

   

9 Commentaire(s)

Mimi, Posté
Tout est injuste dans ce bas monde !
Fabrice B, Posté
DES VOTRE DEPART Ne pas confondre allégations et preuves"PERQUISITION CHEZ LEPROCUREUR

GRAVE LE POUVOIR EST RETOURNEZ DANS LES MAUVAISES MAINS SA VA PETE COMME LE VOLCAN
Dide, Posté
Reveillez vous ! le petite gens parole de Magistrat : ya plus de justice pour les Réunionnais

La dernière chance c'était Muller même le président hollande traite les Réunionnais comme de la M.... Preuve il n'a même pas pris en compte la situation de la justice Pei (supprimé pour injures - webmaster ipreunion.com)
Eveilcitoyen974, Posté
Merci M.Poinas d'avoir clairement dénoncé le terme choquant de "petites gens" à l'égard des justiciables. Cela n'a dérangé aucun élu local, aucun ministre... En quelques heures vous avez compris ce que les justiciables endurent depuis des années. Avec le départ de M. Muller la justice fait un pas en arrière et nous nous rendons parfaitement que la politique de l'autruche qui consiste à dire qu'il n'y a pas de problème alors que les graves dysfonctionnements sont récurrents, prouve que les justiciables ne sont pas sortis de l'auberge. Osez traiter les justiciables de "petites gens"... C'est dégueulasse... M. Muller dites nous ce que vont devenir nos dossiers ?
Sin 2ni dabor, Posté
Il est interdit d'interdire
Sitarane, Posté
La poule aura toujours raison devant un grain de maïs ! (lao-tseu)
Ruffine, Posté
Apparament ce 1er président n'est pas en odeur de sainteté, quand il a pris mon procès en cour j'aie bien sentie que ça puait, je me suis pas trompee.
Citoyens du Sud, Posté
Ravie qu'une personne de la profession pas engagée dans l'affaire ait pu voir ce 'cirque'! Espérons qu'il va transmettre ce scandale à Paris et que qqe chose sera faite dans le bon sens!
Michel de Fort Dauphin , Posté
La Réunion est dirigée par un groupe de mafieux , influant de tous bords professionnels et politiques , sans oublier les francs maçons qui ne sont que les commanditaires de ces profits, abus voir même les escroqueries !! c'est pas nouveau