Covid-19 :

L'échec des politiques sanitaires au coeur de la saturation des hôpitaux


Publié / Actualisé
Alors que les cas de Covid-19 ne cessent de flamber à La Réunion, autorités comme hôpitaux alertent sur la saturation des services de réanimation dans l'île. Le taux d'occupation des lits dépasserait régulièrement les 95% au Centre hospitalier universitaire (CHU), et l'option des évacuations sanitaires vers la Métropole et Mayotte est désormais sur la table. Si on ne peut nier l'impact du Covid-19 sur la tension hospitalière actuelle, il faut cependant noter que le nombre de lits maximal à La Réunion est de 122. En temps habituel, il est de 71. Est-ce vraiment bien raisonnable pour une île habitée par plus de 850.000 personnes ?
Alors que les cas de Covid-19 ne cessent de flamber à La Réunion, autorités comme hôpitaux alertent sur la saturation des services de réanimation dans l'île. Le taux d'occupation des lits dépasserait régulièrement les 95% au Centre hospitalier universitaire (CHU), et l'option des évacuations sanitaires vers la Métropole et Mayotte est désormais sur la table. Si on ne peut nier l'impact du Covid-19 sur la tension hospitalière actuelle, il faut cependant noter que le nombre de lits maximal à La Réunion est de 122. En temps habituel, il est de 71. Est-ce vraiment bien raisonnable pour une île habitée par plus de 850.000 personnes ?

Pour tout habitant ultra-marin, la négligence du gouvernement envers les structures sanitaires est une réalité qui était connue bien avant l'apparition du Covid-19. Si La Réunion peut se targuer, d'une certaine façon, d'avoir les hôpitaux les plus performants des Outre-mer, l'offre de soins reste tout de même largement inférieure à celle de Métropole. Du côté des Antilles, la situation n'est ni plus ni moins que catastrophique pour la plupart des territoires.

Résultat aujourd'hui, La Réunion attend de connaître ses nouvelles restrictions, la Martinique vient d'être reconfinée, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélémy et la Guyane sont placés en état d'urgence sanitaire. La situation est extrêmement tendue dans les Outre-mer.

On aurait pu penser qu'après la crise du Chikungunya de 2005, où les patients avaient dû s'entasser dans les couloirs des hôpitaux, le gouvernement aurait réalisé qu'une île était particulièrement fragile face aux épidémies et événements inattendus. Force est de constater que 15 ans plus tard, les hôpitaux ultra-marins sont toujours sous-équipés, malgré une amélioration notable des services de santé.

Et La Réunion reste pour l'heure la mieux lotie. Qu'en est-il de Mayotte, où à peine 16 lits de réanimation sont disponibles pour plus de 270.000 habitants, et où un seul hôpital est disponible pour tout l'archipel ? Quid de la Guyane, dont le gouvernement semble à peine réaliser les difficultés de l'accès au soin en réfléchissant enfin aux zones rurales et à la création d'un CHU ? Comment expliquer la lenteur de rénovation au CHU de Pointe-à-Pitre, victime d'un incendie en 2017 et dont les travaux ne sont toujours pas terminés ? Comment expliquer que des territoires habités par plusieurs centaines de milliers de personnes ne disposent que d'une poignée de lits de réanimation, et parfois d'une seule structure publique ?

- La casse de l'hôpital public en marche -

Parallèlement, en Métropole où l'offre de soins est indéniablement de meilleure qualité, la casse de l'hôpital public s'est peu à peu mise en place au fil des décennies. Au point où même l'Hexagone s'est retrouvé en difficulté face à une épidémie qui avait été largement prévue par les instances sanitaires internationales. Si les soignants alertaient de longue date sur la situation, la réalité du terrain semble avoir sauté aux yeux de la population en 2020.

Pour autant, le gouvernement semble s'obstiner à garder le cap des suppressions de lits, de postes, et à ne pas augmenter les salaires de métiers pourtant difficiles et prenants. Difficile d'imaginer comment la France, et tout particulièrement les Outre-mer, feront face à d'éventuelles futures épidémies. Et ne nous voilons pas la face, cette éventualité est plus que probable. Qu'en sera-t-il alors ? Les Outre-mer sont-ils condamnés à puiser dans les réserves sanitaires, à compter sur des hôpitaux militaires ou à devoir être évacués vers la Métropole ?

Peut-être serait-il temps de prendre la mesure de la nécessité de mettre en place une offre de soin suffisante pour la population, alors que la croissance démographique de l'île ne va pas s'arrêter de sitôt, et que La Réunion pourrait bien connaître de nouvelles épidémies, ou des événements climatiques extrêmes dans les années à venir. On ne peut proposer des solutions temporaires pour des problèmes pérennes.   

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

7 Commentaire(s)

Soho, Posté
Un grand merci pour votre article!
Et la dengue , Posté
Et on.n'a pas parlé de.la gestion.de.la.dengue.
Baboukfuté, Posté
En tant "normal" le taux d'occupation est de 20% max. on peut pas payer des gens à surveiller des lits vide pendant 15 ans juste au ca ou on aurait une épidémie' De mon coté je refuse que mes impôts soient utilisé pour ça. On a l'armée qui est en mesure de faire de la Réa à la demande du président on a a qu'affaire ça plutôt que des nouveaux lits qui vont plus servir dans 6 mois
Malzack, depuis son mobile , Posté
Merci pour cet article. Merci car vous remettez les choses en perspective et à notre époque ça n'est plus la préoccupation majeure des journalistes.
Dood, Posté
Mrci de sortir cette article merci il faut appuyer la dessus sa ft 2 ans que le covid tourne et aucun investissement ds les hôpitaux et on ose ns dire en pleine face qu on est égoïste et paranoïaque. Marre de ce gvrnt de minot.démission direct.
C'est pas moi c'est l'autre , Posté
C'est pas moi c'est mon cousin. C'est pas nous ce sont les autres. On connaît la musique
CHABAN, Posté
C'est dit ! On connaît les responsables.