[PHOTOS] Ça s'est passé un 24 mars :

2006 - 30 000 tonnes de roches s'écrasent sur la route du Littoral et tuent trois personnes


Publié / Actualisé
Le 24 mars 2006, c'est l'horreur sur la route du Littoral. 30 000 tonnes de roches se décrochent de la falaise pour venir se fracasser en contrebas : trois personnes meurent écrasées. Durant plusieurs semaines, l'axe routier est complètement fermé à la circulation. Onze ans plus tard, les usagers continuent à subir les aléas de la route en corniche, entre épisodes d'éboulements et de basculements. Et la fameuse Nouvelle Route du Littoral, alternative tant attendue, n'est toujours pas prête de sortir de mer. Si tant est que ce soit un jour le cas.
Le 24 mars 2006, c'est l'horreur sur la route du Littoral. 30 000 tonnes de roches se décrochent de la falaise pour venir se fracasser en contrebas : trois personnes meurent écrasées. Durant plusieurs semaines, l'axe routier est complètement fermé à la circulation. Onze ans plus tard, les usagers continuent à subir les aléas de la route en corniche, entre épisodes d'éboulements et de basculements. Et la fameuse Nouvelle Route du Littoral, alternative tant attendue, n'est toujours pas prête de sortir de mer. Si tant est que ce soit un jour le cas.

La route du Littoral tremble et la falaise gronde. À 5 heures 15, ce vendredi 24 mars 2006, ce sont 30 000 tonnes de roches qui s'écrasent sur les véhicules empruntant l'axe routier. Dans le noir complet.

Une ambulancière de 39 ans, Antoinette Nelle et l'un de ses collègues, Sébastien Acadine, un homme de 28 ans, meurent écrasés par d'énormes blocs de pierre. Un camionneur qui se dirigeait vers le nord est grièvement blessé. Il décédera peu de temps après. Un autre chauffeur de poids lourd a eu plus de chance : son véhicule a été projeté sur les gabions près de la mer, mais il s'en sort avec de légères blessures.

Avec des blocs rocheux qui recouvrent les 4 voies sur une longueur de 150 mètres et une hauteur d'une dizaine de mètres, les travaux de déblaiement sont colossaux. Les ouvriers travaillent jour et nuit pour rendre à l'axe son visage habituel. La paroi est instable, une seule pression du pied ou de la main suffit pour détacher les blocs.

Totalement fermée pendant plusieurs semaines

La route ne sera rouverte sur quatre voies que plusieurs semaines plus tard. Pour pouvoir se déplacer, les habitants de la Grande Chaloupe avaient du emprunter le petit train. Enclavés dans leur village, ils avaient emprunté le tunnel jusqu'à La Possession, utilisant une machine remontant à l'époque du chemin de fer de La Réunion  (CFR).

C'est aussi à cette époque qu'une association d'usagers de la route en corniche voit le jour. Aujourd'hui, le collectif existe encore : ses membres ont installé des banderoles ce lundi pour réclamer l'ouverture des carrières dans le cadre de la NRL.

"La route actuelle restera dangereuse quelles que soient les mesures de sécurisation qui seront prises"

 "La route actuelle restera dangereuse quelles que soient les mesures de sécurisation qui seront prises". Cette phrase, c'est Dominique Perben, le ministre des Transports, de l'Équipement, du Tourisme et de la Mer de l'époque, qui avait fait le déplacement à La Réunion, le 11 avril 2006, qui l'avait prononcée.

Force est de constater qu'il n'avait pas tort, puisqu'en onze ans, les éboulements, plus ou moins conséquents, se sont succédés. Pour ne citer que quelques exemples récents, il y a eu celui de mars 2016, le double éboulement de novembre 2016, et évidemment, celui du 14 mars dernier, dont les conséquences se font encore sentir sur la circulation. Des travaux de purge et de sécurisation de la falaise ont été réalisés durant plusieurs jours.

 

 

Et cette crainte existe presque depuis l'inauguration de la route du Littoral,  en 1976. Ainsi, en 1980, ce sont 80 000 tonnes de pierre qui se sont abattues à l'entrée nord de la route. 

Onze ans après, quelle(s) solution (s) ?

Après l'éboulement meurtrier de 2006, l'État, le président du conseil régional de l'époque, Paul Vergès, sont accusés de ne pas trouver une véritable alternative. Les solutions se multiplient : percement d'un tunnel, dynamitage de la falaise ? C'est finalement le projet d'une route sur la mer qui l'emporte. Le chantier, estimé à 1,6 milliard d'euros, est aujourd'hui lancé. Mais cette fameuse NRL ne semble pas prête de sortir de mer... si tant est qu'elle en sorte un jour.

En plus de l'enquête du parquet financier sur l'attribution du marché de la NRL, qui a notamment donné lieu à des perquisitions au domicile du président de Région Didier Robert, la polémique enfle sur l'approvisionnement en roches de ce chantier colossal. Ce mardi encore, Thierry Robert, député-maire de Saint-Leu, entamait une grève de la faim éclair dans les jardins préfectoraux, pour protester contre le projet d'une carrière à Bois Blanc, pour fournir la NRL en roches massives.

En attendant, les automobilistes continuent à subir les basculements, côté montagne quand la houle est trop forte, côté mer quand il pleut, et les embouteillages monstres qui vont avec. En serrant les dents, en espérant que la falaise de la peur ne fera pas de nouvelle victime.

mp/ch/www.ipreunion.com

   

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